CO129-176 - Public Offices & Others - 1876 — Page 332

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L'ÉCONOMISTE FRANÇAIS.

qui était de 140 millions en 1839, n'est plus que de 25 en 1861. C'est là le motif de la dépression éprouvée par le marché parisien; une des conséquences de la guerre de sécession et de la fermeture du marché américain qui pèse encore sur la situation actuelle. Tels sont les enseignements que nous fournissent les registres douaniers parisiens en ce qui concerne le passage du régime de la protection à la liberté. Nous allons leur demander d'autres enseignements au point de vue des conséquences des années 1870 et 1871. Les calculs, comme précédemment, sont en millions.

Importation. Exportation.

1869. 200 978

1870. 440 166

1871. 116 108

1872. 238 208

1873. 240 305

1874. 268 379

1875. 312 506

L'année 1869 avait été excessivement prospère au point de vue de l'importation; elle avait dépassé l'année précédente, qui n'avait atteint que 184 millions. On voit qu'en 1870 et 1871, la chute a été surtout profonde pour le commerce d'exportation, qui dans la seconde de ces années a diminué de plus de 30%. En effet, le travail a été suspendu pendant neuf mois consécutifs; l'importation était moins grièvement atteinte, par le fait d'un mouvement nécessaire en ce qui concernait l'alimentation et les armes. Le relèvement, du reste, a été prompt, car le chiffre total d'importation et d'exportation, qui n'était que de 478 millions en 1869, est arrivé à 533 en 1872. Depuis, il a dépassé 800 millions, ainsi qu'on l'a déjà dit.

Peut-être, en ces temps d'oscillations de la valeur des métaux, n'est-il pas sans importance de donner les chiffres de l'entrée et de la sortie des valeurs métalliques à la douane de Paris. Voici les totaux or et argent confondus; les calculs sont en millions.

Importation. Exportation.

1869. 67 17

1870. 47 12

1871. 32 74

1872. 143 61

1873. 450 40

1874. 191 8

1875. 191 8 (1)

Ces chiffres, plus encore que les précédents, reflètent les destinées agitées de la grande ville, aussi bien que celles de la France. L'importation des métaux diminue par suite des troubles. Paris avait reçu 67 millions de métaux précieux en 1869 et, en 1871, le chiffre n'est plus que de 32. A partir de cette époque, la masse importée est plus considérable que jamais; elle atteint plus de 191 millions en 1875. Quant à l'exportation, elle subit un mouvement inverse. Il est bon de remarquer que la douane de Paris a toujours reçu de l'étranger plus de métaux précieux qu'elle ne lui en a envoyés, excepté en 1871, où l'exportation a doublé l'importation. Les deux chiffres sont, du reste, exceptionnels; dans les six dernières années, Paris n'a jamais reçu aussi peu de métaux précieux et n'en a autant envoyé au dehors qu'en 1871 et 1872.

Avant de quitter les chiffres généraux fournis par la douane parisienne, quelques remarques sont encore à faire. Les plus gros chiffres de l'importation pour Paris sont toujours ceux portés sous la rubrique: Tissus, passementeries, rubans de laine. Ce chapitre arrive parfois jusqu'à 30 millions. Puis viennent trois objets d'alimentation: le café, le sucre étranger et le cacao. Puis les tissus, passementeries et rubans de coton, arrivant souvent à 10 millions. La nomenclature générale contient une multitude d'articles, matières premières ou demi-manufacturées, que Paris renvoie à l'état consommable à l'étranger, de qui il les tient. Quant à l'exportation, les tissus, passementeries et rubans de soie ou de laine en forment la masse principale. Il y a toujours de ce chef plus de 100 millions. Puis viennent, dans l'ordre suivant, des articles absolument parisiens: mercerie et boutons, peaux ouvrées et préparées, habillements, pièces de lingerie cousues, orfèvrerie et bijouterie, etc.

Enfin, il peut être intéressant de comparer le chiffre total du commerce extérieur de Paris et celui du commerce extérieur de la France. Voici les chiffres pour l'ensemble des douanes, et pour la douane spéciale de Paris. Les calculs sont toujours en millions.

Année. Paris. La France.

1869. 478 6,327

1870. 345 5,641

1871. 224 3,438

1872. 533 7,331

1873. 545 7,341

1874. 645 7,208

1875. 818 7,400

L'ÉCONOMISTE FRANÇAIS.

Coblentz. Bochumi

542 1.89 7.231 34.12

26.030 2.084

SAMEDI 2 DÉCEMBRE 1876,

SAMEDI 2 DÉCEMBRE 1876.

Provinces

Prusse.... Brandebourg. Pomeranie..

Royaume de Prusse.

Population présente.

1875. 1871.

3.200.484 3.137.155

3.132.483 2.863.438

1.462.310 1.401.633

Accroissement de la pop. de 1874 à 1873 Total.

Bonn... 28.114

8.01

0/0 habit.

Halberstadt.. 27.800 25.419 2.381

9.37

Stralsund. 27.796 26.731 1.065

3.98

62.939

269.325

2.01 9.41

Brandebourg-s.-H. 27.434 25.822 1.612

6.24

Spandau. 27.057 20.606 6.431

31.21

30.877

2.14

Bielefeld. 26.674 21.834 4.740

21.17

Posen. 1.608.956 1.583.843 25.143

1.59

Silésie 3.881.950 3.707.167 174.783

3.94

Flensbourg 26.525 22.897 3.628

15.84

2.103.245

68.613

3.26

Remscheid. 26.120 22.774 3.346

14.69

Schleswig-Holstein.. 1.026.004 995.873 30.131

3.03

Königshütte. 26.032 19.536 6.496

33.75

L'Etat prussien -- 24.643.813 (4) 23.080.241

1.563.572

6.77

Charlottenbourg 132.020 118.224

13.796

7.4

Hagen....... 60.532 56.953

3.579

6.36

63.558

1.456

4.38

Guben....

Northausen..

Neustadt-Magdebourg.. 24.144 20.412 3.732

18.28

23.738 21.412 2.326

10.86

25.900 19.518 6.382

32.70

24.218 20.070 4.148

20.07

2.400

Hanau.. 22.730 20.292 2.438

12.01

Hildesheim.. 22.666 20.801 1.865

8.07

19.90

2.80

15.60 7.19

848

On voit combien les destinées industrielles de la France sont étroitement liées à celles de Paris: la nation et la grande ville tombent et se relèvent en même temps.

On a dit que Paris possédait, comme toutes les grandes villes pourvues de douanes, un entrepôt. Il occupe le neuvième rang pour la quantité de tonnes entreposées, et le cinquième pour la valeur des marchandises qui transitent peu, à la différence de ce qui se passe dans les autres villes et sont consommées ou transformées sur place. L'entrée annuelle moyenne est de 35 millions, et la sortie de 25, soit 10 millions de marchandises existant dans les entrepôts. Les admissions temporaires pour Paris consistent surtout en fer, fonte, tôles et aciers, qui repartent à l'état de fonte moulée, articles de ferronneries, tels que clous, chaînes, ustensiles de ménage et en outils d'acier et objets de fantaisie de même matière. On admet encore temporairement une grande quantité d'étoffes de diverses natures.

En 1874, il est entré 383,000 kilogrammes de mérinos écru, estimés 4 millions 304,000 francs et qui sont ressortis imprimés et valant plus de 5 millions; 12,000 kilogrammes de châles écrus, valant 176,000 francs, sont repartis avec une estimation de 1 million 287,000 francs. Tel est, dans son ensemble, l'organisme douanier, établi à Paris et dépendant de l'administration centrale.

De prime abord, il semble que l'octroi municipal soit aussi pour la ville une sorte de ligne douanière permettant de se rendre compte de la totalité du mouvement commercial non constaté par l'Etat. Les villes libres du moyen âge, qui étaient des républiques autonomes, pouvaient chiffrer toutes les entrées et toutes les sorties. La ville des doges, Venise, avait sa douane, dogana. L'administration parisienne n'a eu en vue que l'application de taxes sur certains objets de façon à se procurer une certaine somme. Il a été expliqué ici que l'octroi n'a d'abord atteint que les objets d'alimentation. Lentement et sous l'empire d'impérieux besoins, on a frappé certaines matières industrielles. Il n'y a rien là de pareil aux états douaniers enregistrant toutes choses.

Peut-être des quantités de boissons entrées pourrait-on tirer des déductions sur la marche de l'industrie. Mais les états sont récents. En 1872, on a 899 millions de kilogrammes; en 1873, c'est 896 millions, et, en 1874, on n'a plus que 673 millions. Ces chiffres subissent, dans une mesure parfois considérable, des modifications dues à la température.

La ville de Paris possède aussi ses entrepôts. L'un d'eux est le célèbre entrepôt des vins, situé près du Jardin des Plantes. Il en existe d'autres pour toutes les matières d'octroi, moins les boissons, les bestiaux, les charbons, etc. Il existe en outre 13 entrepôts fictifs, qui permettent d'entrer en franchise certaines matières et de les réexporter hors la ville, ainsi qu'on fait en matière d'admission temporaire et de réexportation avec l'étranger. Une partie seulement des matières premières de l'industrie parisienne devant subir ces formalités, les chiffres généraux ne semblent point utiles à connaître.

Tel est le mouvement de cette douane de Paris, dont les résultats annuels sont seuls publiés par l'administration, tandis que les états mensuels n'en parlent point. Il est pourtant plus considérable qu'en certains royaumes tout entiers, car la est, au point de vue des affaires, le cœur même de la France.

ACHILLE MERCIER.

LA POPULATION DE L'EMPIRE D'ALLEMAGNE, PREMIERS RÉSULTATS PUBLIÉS DU DÉNOMBREMENT EFFECTUÉ

LE 31 DÉCEMBRE 1875.

Le bureau de statistique de Berlin vient de publier une partie des résultats du recensement général de la population fait le 31 décembre dernier.

Voici le résumé de cette opération pour le royaume de Prusse.

Hanovre.... Westphalie. Resse-Nassau. Prov. du Rhin... Hohenzollern.

De toutes les provinces de la Prusse, ce sont les deux provinces de la rive gauche du Rhin où l'augmentation de la population a été la plus forte. Ainsi la Westphalie, qui, en 1871, comptait 1,778,175 habitants, en compte, en 1875, 1,907,195, soit une augmentation de 132,020 ou 7 1/2%. La province du Rhin, qui, en 1871, comptait 3,579,347 habitants, en compte, en 1875, 3,807,120; augmentation, 227,773, ou 6 1/3%.

Les autres provinces sont loin d'arriver à des chiffres pareils, excepté la province de Brandebourg, dont l'augmentation a été de 1871 à 1875, de 269,325 habitants, soit 9 1/2%, chiffre dans lequel, il est vrai, Berlin et Charlottenbourg entrent pour 148,675.

C'est aussi dans les provinces du Rhin et de la Westphalie que se trouvent le plus grand nombre de villes où l'augmentation de la population a atteint des proportions considérables.

Ainsi, sur 36 villes de l'Etat prussien au-dessus de 20,000 habitants, 18 appartiennent à ces deux provinces, et, parmi ces 18 villes, presque toutes ont fourni un accroissement de population variant de 10 à 34%.

Ainsi l'on peut voir, par le tableau suivant, que la population de Düsseldorf s'est accrue en quatre ans de 11,385 habitants ou de 16.41%

Celle de Barmen......

Cologne

Kœnigsberg.

Danzig

Magdebourg.

Barmen

+

Kotbus.

Trèves..

721

22.650 18.881 3.769

22.042 21.442 600

21.444

Landsberg a. Warthe.

18.551 2.893

Mulhausen en Thüringe. 20.938 19.515 1.420

Stargard....

20.186 17.280 2.906

16.82

Pour la Prusse entière, l'augmentation a été de 1,417,230 ou de 4.34%.

Voici maintenant les résultats afférents aux autres États de l'Allemagne :

En Bavière, l'augmentation a été de 161,382 habitants (3,024,832 contre 2,863,450 en 1871);

En Saxe, de 203,098 (soit 2,760,342 contre 2,557,244 en 1871);

En Wurtemberg de 62,906 habitants (soit 1,881,505 contre 1,818,539 en 1874);

Dans le grand-duché de Bade, de 44,989 (soit 1,306,831 contre 1,261,362 en 1871);

En Hesse, de 29,455 (soit 882,350 contre 852,894 en 1871);

En Saxe-Weimar, de 6,750 (soit 292,933 contre 286,183 en 1874);

+

En Oldenbourg, de 4,723 (soit 319,314 contre 314,591 en 1871);

Brunswick, de 15,323 (soit 327,403 contre 312,170 en 1871);

Saxe-Meiningen de 6,537 (soit 194,494 contre 187,957 en 1871);

Saxe-Altenbourg, de 3,722 (soit 145,844 contre 142,122 en 1871);

Saxe-Cobourg-Gotha, de 8,334 (soit 182,676 contre 174,339 en 1871);

Anhalt, de 18,252 (soit 213,689 contre 203,437 en 1871);

Schwarzbourg-Rudolstadt, de 1,133 (76,676 contre 75,543 en 1874);

Schwarzbourg-Sonderhausen, de 289 (soit 62,480 contre 67,074 en 1870);

Reuss (ligne ainée), de 1,891 (soit 46,988 contre 45,094 en 1871);

Reuss (ligne cadette), de 3,343 (soit 92,375 contre 89,032 en 1871);

21.75 Schaumbourg-Lippe, de 882 (soit 32,941 contre 32,059 en 1871);

Lippe, de 3,119 (soit 114,234 contre 111,115 en 1871);

Lubeck, de 4,754 (soit 56,912 contre 52,158);

Brême, de 20,243 (soit 142,645 contre 122,402);

Hambourg, de 49,644 (soit 388,618 contre 338,974).

D'un autre côté, le chiffre de la population a diminué dans les quatre États suivants :

Mecklenbourg-Schwerin, de 1,334, soit 1.38%;

Waldeck, de 1,551 hab., soit 2,38%;

Luxembourg, de 738, soit 1.49%;

Alsace-Lorraine, de 20,330, soit 1.32%.

En résumé, l'empire d'Allemagne comptait, en 1875, 42,756,910 habitants; c'est, en 4 ans, une augmentation de 4.13%, ou de 1.03% par an.

Si, dans certaines villes, l'accroissement de la population a été beaucoup plus considérable, puisqu'il a atteint en 4 ans jusqu'à 22.28 et même 34%, cette augmentation ne peut être considérée comme normale: elle vient de ce que, en 1871, 1872 et 1873, l'industrie allemande a pris, dans ces localités, un développement hors de toutes proportions.

Aujourd'hui que, par suite de ce même développement exagéré, l'industrie allemande se trouve traverser une crise des plus sérieuses, il est à présumer que le courant qui amenait les ouvriers des campagnes vers les villes de fabriques va cesser et qu'un courant contraire va s'établir.

Néanmoins, on n'a pu encore constater jusqu'à présent...

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327 720 L'ÉCONOMISTE FRANÇAIS. qui était de 140 millions en 1839, n'est plus que de 25 en 1861. C'est le motif de la dépression éprouvée par le marché parisien; une des conséquences de la guerre de sécession et de la fermeture du marché américain qui pèse encore sur la situation actuelle. Tels sont les enseignements que nous fournissent les registres douaniers parisiens en ce qui concerne le passage du régime de la protection à la liberté. Nous allons leur demander d'autres enseignements au point de vue des conséquences des années 1870 et 1871. Les calculs, comme précédemment, sont en millions. Importation. Exportation. 1869. 200 978 1870. 440 166 1871. 116 108 1872. 238 208 1873. 240 305 1874. 268 379 1875. 312 506 L'année 1869 avait été excessivement prospère au point de vue de l'importation; elle avait dépassé l'année précédente, qui n'avait atteint que 184 millions. On voit qu'en 1870 et 1871, la chute a été surtout profonde pour le commerce d'exportation, qui dans la seconde de ces années a diminué de plus de 30%. En effet, le travail a été suspendu pendant neuf mois consécutifs; l'importation était moins grièvement atteinte, par le fait d'un mouvement nécessaire en ce qui concernait l'alimentation et les armes. Le relèvement, du reste, a été prompt, car le chiffre total d'importation et d'exportation, qui n'était que de 478 millions en 1869, est arrivé à 533 en 1872. Depuis, il a dépassé 800 millions, ainsi qu'on l'a déjà dit. Peut-être, en ces temps d'oscillations de la valeur des métaux, n'est-il pas sans importance de donner les chiffres de l'entrée et de la sortie des valeurs métalliques à la douane de Paris. Voici les totaux or et argent confondus; les calculs sont en millions. Importation. Exportation. 1869. 67 17 1870. 47 12 1871. 32 74 1872. 143 61 1873. 450 40 1874. 191 8 1875. 191 8 (1) Ces chiffres, plus encore que les précédents, reflètent les destinées agitées de la grande ville, aussi bien que celles de la France. L'importation des métaux diminue par suite des troubles. Paris avait reçu 67 millions de métaux précieux en 1869 et, en 1871, le chiffre n'est plus que de 32. A partir de cette époque, la masse importée est plus considérable que jamais; elle atteint plus de 191 millions en 1875. Quant à l'exportation, elle subit un mouvement inverse. Il est bon de remarquer que la douane de Paris a toujours reçu de l'étranger plus de métaux précieux qu'elle ne lui en a envoyés, excepté en 1871, l'exportation a doublé l'importation. Les deux chiffres sont, du reste, exceptionnels; dans les six dernières années, Paris n'a jamais reçu aussi peu de métaux précieux et n'en a autant envoyé au dehors qu'en 1871 et 1872. Avant de quitter les chiffres généraux fournis par la douane parisienne, quelques remarques sont encore à faire. Les plus gros chiffres de l'importation pour Paris sont toujours ceux portés sous la rubrique: Tissus, passementeries, rubans de laine. Ce chapitre arrive parfois jusqu'à 30 millions. Puis viennent trois objets d'alimentation: le café, le sucre étranger et le cacao. Puis les tissus, passementeries et rubans de coton, arrivant souvent à 10 millions. La nomenclature générale contient une multitude d'articles, matières premières ou demi-manufacturées, que Paris renvoie à l'état consommable à l'étranger, de qui il les tient. Quant à l'exportation, les tissus, passementeries et rubans de soie ou de laine en forment la masse principale. Il y a toujours de ce chef plus de 100 millions. Puis viennent, dans l'ordre suivant, des articles absolument parisiens: mercerie et boutons, peaux ouvrées et préparées, habillements, pièces de lingerie cousues, orfèvrerie et bijouterie, etc. Enfin, il peut être intéressant de comparer le chiffre total du commerce extérieur de Paris et celui du commerce extérieur de la France. Voici les chiffres pour l'ensemble des douanes, et pour la douane spéciale de Paris. Les calculs sont toujours en millions. Année. Paris. La France. 1869. 478 6,327 1870. 345 5,641 1871. 224 3,438 1872. 533 7,331 1873. 545 7,341 1874. 645 7,208 1875. 818 7,400 L'ÉCONOMISTE FRANÇAIS. Coblentz. Bochumi 542 1.89 7.231 34.12 26.030 2.084 SAMEDI 2 DÉCEMBRE 1876, SAMEDI 2 DÉCEMBRE 1876. Provinces Prusse.... Brandebourg. Pomeranie.. Royaume de Prusse. Population présente. 1875. 1871. 3.200.484 3.137.155 3.132.483 2.863.438 1.462.310 1.401.633 Accroissement de la pop. de 1874 à 1873 Total. Bonn... 28.114 8.01 0/0 habit. Halberstadt.. 27.800 25.419 2.381 9.37 Stralsund. 27.796 26.731 1.065 3.98 62.939 269.325 2.01 9.41 Brandebourg-s.-H. 27.434 25.822 1.612 6.24 Spandau. 27.057 20.606 6.431 31.21 30.877 2.14 Bielefeld. 26.674 21.834 4.740 21.17 Posen. 1.608.956 1.583.843 25.143 1.59 Silésie 3.881.950 3.707.167 174.783 3.94 Flensbourg 26.525 22.897 3.628 15.84 2.103.245 68.613 3.26 Remscheid. 26.120 22.774 3.346 14.69 Schleswig-Holstein.. 1.026.004 995.873 30.131 3.03 Königshütte. 26.032 19.536 6.496 33.75 L'Etat prussien -- 24.643.813 (4) 23.080.241 1.563.572 6.77 Charlottenbourg 132.020 118.224 13.796 7.4 Hagen....... 60.532 56.953 3.579 6.36 63.558 1.456 4.38 Guben.... Northausen.. Neustadt-Magdebourg.. 24.144 20.412 3.732 18.28 23.738 21.412 2.326 10.86 25.900 19.518 6.382 32.70 24.218 20.070 4.148 20.07 2.400 Hanau.. 22.730 20.292 2.438 12.01 Hildesheim.. 22.666 20.801 1.865 8.07 19.90 2.80 15.60 7.19 848 On voit combien les destinées industrielles de la France sont étroitement liées à celles de Paris: la nation et la grande ville tombent et se relèvent en même temps. On a dit que Paris possédait, comme toutes les grandes villes pourvues de douanes, un entrepôt. Il occupe le neuvième rang pour la quantité de tonnes entreposées, et le cinquième pour la valeur des marchandises qui transitent peu, à la différence de ce qui se passe dans les autres villes et sont consommées ou transformées sur place. L'entrée annuelle moyenne est de 35 millions, et la sortie de 25, soit 10 millions de marchandises existant dans les entrepôts. Les admissions temporaires pour Paris consistent surtout en fer, fonte, tôles et aciers, qui repartent à l'état de fonte moulée, articles de ferronneries, tels que clous, chaînes, ustensiles de ménage et en outils d'acier et objets de fantaisie de même matière. On admet encore temporairement une grande quantité d'étoffes de diverses natures. En 1874, il est entré 383,000 kilogrammes de mérinos écru, estimés 4 millions 304,000 francs et qui sont ressortis imprimés et valant plus de 5 millions; 12,000 kilogrammes de châles écrus, valant 176,000 francs, sont repartis avec une estimation de 1 million 287,000 francs. Tel est, dans son ensemble, l'organisme douanier, établi à Paris et dépendant de l'administration centrale. De prime abord, il semble que l'octroi municipal soit aussi pour la ville une sorte de ligne douanière permettant de se rendre compte de la totalité du mouvement commercial non constaté par l'Etat. Les villes libres du moyen âge, qui étaient des républiques autonomes, pouvaient chiffrer toutes les entrées et toutes les sorties. La ville des doges, Venise, avait sa douane, dogana. L'administration parisienne n'a eu en vue que l'application de taxes sur certains objets de façon à se procurer une certaine somme. Il a été expliqué ici que l'octroi n'a d'abord atteint que les objets d'alimentation. Lentement et sous l'empire d'impérieux besoins, on a frappé certaines matières industrielles. Il n'y a rien de pareil aux états douaniers enregistrant toutes choses. Peut-être des quantités de boissons entrées pourrait-on tirer des déductions sur la marche de l'industrie. Mais les états sont récents. En 1872, on a 899 millions de kilogrammes; en 1873, c'est 896 millions, et, en 1874, on n'a plus que 673 millions. Ces chiffres subissent, dans une mesure parfois considérable, des modifications dues à la température. La ville de Paris possède aussi ses entrepôts. L'un d'eux est le célèbre entrepôt des vins, situé près du Jardin des Plantes. Il en existe d'autres pour toutes les matières d'octroi, moins les boissons, les bestiaux, les charbons, etc. Il existe en outre 13 entrepôts fictifs, qui permettent d'entrer en franchise certaines matières et de les réexporter hors la ville, ainsi qu'on fait en matière d'admission temporaire et de réexportation avec l'étranger. Une partie seulement des matières premières de l'industrie parisienne devant subir ces formalités, les chiffres généraux ne semblent point utiles à connaître. Tel est le mouvement de cette douane de Paris, dont les résultats annuels sont seuls publiés par l'administration, tandis que les états mensuels n'en parlent point. Il est pourtant plus considérable qu'en certains royaumes tout entiers, car la est, au point de vue des affaires, le cœur même de la France. ACHILLE MERCIER. LA POPULATION DE L'EMPIRE D'ALLEMAGNE, PREMIERS RÉSULTATS PUBLIÉS DU DÉNOMBREMENT EFFECTUÉ LE 31 DÉCEMBRE 1875. Le bureau de statistique de Berlin vient de publier une partie des résultats du recensement général de la population fait le 31 décembre dernier. Voici le résumé de cette opération pour le royaume de Prusse. Hanovre.... Westphalie. Resse-Nassau. Prov. du Rhin... Hohenzollern. De toutes les provinces de la Prusse, ce sont les deux provinces de la rive gauche du Rhin l'augmentation de la population a été la plus forte. Ainsi la Westphalie, qui, en 1871, comptait 1,778,175 habitants, en compte, en 1875, 1,907,195, soit une augmentation de 132,020 ou 7 1/2%. La province du Rhin, qui, en 1871, comptait 3,579,347 habitants, en compte, en 1875, 3,807,120; augmentation, 227,773, ou 6 1/3%. Les autres provinces sont loin d'arriver à des chiffres pareils, excepté la province de Brandebourg, dont l'augmentation a été de 1871 à 1875, de 269,325 habitants, soit 9 1/2%, chiffre dans lequel, il est vrai, Berlin et Charlottenbourg entrent pour 148,675. C'est aussi dans les provinces du Rhin et de la Westphalie que se trouvent le plus grand nombre de villes l'augmentation de la population a atteint des proportions considérables. Ainsi, sur 36 villes de l'Etat prussien au-dessus de 20,000 habitants, 18 appartiennent à ces deux provinces, et, parmi ces 18 villes, presque toutes ont fourni un accroissement de population variant de 10 à 34%. Ainsi l'on peut voir, par le tableau suivant, que la population de Düsseldorf s'est accrue en quatre ans de 11,385 habitants ou de 16.41% Celle de Barmen...... Cologne Kœnigsberg. Danzig Magdebourg. Barmen + Kotbus. Trèves.. 721 22.650 18.881 3.769 22.042 21.442 600 21.444 Landsberg a. Warthe. 18.551 2.893 Mulhausen en Thüringe. 20.938 19.515 1.420 Stargard.... 20.186 17.280 2.906 16.82 Pour la Prusse entière, l'augmentation a été de 1,417,230 ou de 4.34%. Voici maintenant les résultats afférents aux autres États de l'Allemagne : En Bavière, l'augmentation a été de 161,382 habitants (3,024,832 contre 2,863,450 en 1871); En Saxe, de 203,098 (soit 2,760,342 contre 2,557,244 en 1871); En Wurtemberg de 62,906 habitants (soit 1,881,505 contre 1,818,539 en 1874); Dans le grand-duché de Bade, de 44,989 (soit 1,306,831 contre 1,261,362 en 1871); En Hesse, de 29,455 (soit 882,350 contre 852,894 en 1871); En Saxe-Weimar, de 6,750 (soit 292,933 contre 286,183 en 1874); + En Oldenbourg, de 4,723 (soit 319,314 contre 314,591 en 1871); Brunswick, de 15,323 (soit 327,403 contre 312,170 en 1871); Saxe-Meiningen de 6,537 (soit 194,494 contre 187,957 en 1871); Saxe-Altenbourg, de 3,722 (soit 145,844 contre 142,122 en 1871); Saxe-Cobourg-Gotha, de 8,334 (soit 182,676 contre 174,339 en 1871); Anhalt, de 18,252 (soit 213,689 contre 203,437 en 1871); Schwarzbourg-Rudolstadt, de 1,133 (76,676 contre 75,543 en 1874); Schwarzbourg-Sonderhausen, de 289 (soit 62,480 contre 67,074 en 1870); Reuss (ligne ainée), de 1,891 (soit 46,988 contre 45,094 en 1871); Reuss (ligne cadette), de 3,343 (soit 92,375 contre 89,032 en 1871); 21.75 Schaumbourg-Lippe, de 882 (soit 32,941 contre 32,059 en 1871); Lippe, de 3,119 (soit 114,234 contre 111,115 en 1871); Lubeck, de 4,754 (soit 56,912 contre 52,158); Brême, de 20,243 (soit 142,645 contre 122,402); Hambourg, de 49,644 (soit 388,618 contre 338,974). D'un autre côté, le chiffre de la population a diminué dans les quatre États suivants : Mecklenbourg-Schwerin, de 1,334, soit 1.38%; Waldeck, de 1,551 hab., soit 2,38%; Luxembourg, de 738, soit 1.49%; Alsace-Lorraine, de 20,330, soit 1.32%. En résumé, l'empire d'Allemagne comptait, en 1875, 42,756,910 habitants; c'est, en 4 ans, une augmentation de 4.13%, ou de 1.03% par an. Si, dans certaines villes, l'accroissement de la population a été beaucoup plus considérable, puisqu'il a atteint en 4 ans jusqu'à 22.28 et même 34%, cette augmentation ne peut être considérée comme normale: elle vient de ce que, en 1871, 1872 et 1873, l'industrie allemande a pris, dans ces localités, un développement hors de toutes proportions. Aujourd'hui que, par suite de ce même développement exagéré, l'industrie allemande se trouve traverser une crise des plus sérieuses, il est à présumer que le courant qui amenait les ouvriers des campagnes vers les villes de fabriques va cesser et qu'un courant contraire va s'établir. Néanmoins, on n'a pu encore constater jusqu'à présent...
Baseline (Original)
327 720 L'ÉCONOMISTE FRANÇAIS. qui était de 140 millions en 1839, n'est plus que de 25 cen 1861. C'est le motif de la dépression éprouvée par le marebé parisien; une des conséquences de la guerre de sécession et de la fermeture du marché américain qui pèse encore sur la situation actuelle. Tels sont les enseigne- ments que nous fournissent les registres douaniers parisiens en ce qui concerne le passage du régime de la protection à la liberté. Nous allons leur demander d'autres enseigue- ments au point de vue des conséquences des années 1870 et 1871. Les calculs, comme précédemment, sont en millions. Importation. Exportation. 1869. 200 978 1870. 440 166 1871. 116 108 1872. 238 208 1873. 240 305 1874. 268 379 1875. 312 506 L'année 1869 avait été excessivement prospère au point vue de l'importation; elle avait dépassé l'année précédente, qui n'avait atteint que 4184 millions. On voit qu'en 1870 et 1871, la chute a été surtout profonde pour le commerce d'exportation, qui dans la seconde de ces années a diminué de plus de 30 0/0. En effet, le travail a été suspendu pen- daut neuf mois consécutifs; l'importation était moins grie- vement atteinte, par le fait d'un mouvement nécessaire en ce qui concernait l'alimentation et les armes. Le relève- ment, du reste. a été prompt, car le chiffre total d'impor- tation et d'exportation, qui m'était que de 478 millions en 1869, est arrivé à 333 en 1872. Depuis, il a dépassé 800 millions, ainsi qu'on l'a déjà dit. Peut-être, en ces temps d'oscillations de la valeur des mé- taux, n'est-il pas sans importance de donner les chiffres de l'entrée et de la sortie des valeurs métalliques à la douane de Paris. Voici les totaux or et argent confondus; les calculs sont en millions. Importation. Exportation. 1869. 67 17 1870. 47 12 1871. 32 74 1872. 143 61 1873. 450 40 1874. 191 $ 4875. 191 8 (0) Ces chiffres, plus encore que les précédents, reflètent les destinées agitées de la grande ville, aussi bien que celles de la France. L'importation des métaux diminue par suite des troubles. Paris avait reçu 67 millions de métaux pré- cieux en 1869 et, en 1871, le chiffre n'est plus que de 32. A partir de cette époque, la masse importée est plus con- sidérable que jamais; elle atteint plus de 191 millions en 1875. Quant à l'exportation, elle subit un mouvement inverse. Il est bon de remarquer que la douane de Paris a toujours reçu de l'étranger plus de métaux précieux qu'elle ne lui en été du a envoyé, excepté en 1871, l'exportation a double de l'importation. Les deux chiffres sont, du reste, exceptionnels; dans les six dernières années, París n'a ja- mais reçu aussi peu de métaux précienx et n'en a autant envoyé au dehors qu'en 1871 et 1872. Avant de quitter les chiffres généraux fournis par la douane parisienne, quel- ques remarques sont encore à faire. Les plus gros chiffres de l'importation pour Paris sont toujours ceux portés sous la rubrique: Tissus, passementeries, rubans de laine. Ce chapitre arrive parfois jusqu'à 30 millions. Pais viennent trais objets d'alimentation: le café, le sucre étranger et le cacao. Puis les tissus, passementeries et rubans de coton, arrivant souvent à 10 millions. La nomenclature générale contient une multitude d'articles, matières première on demi-manufacturées, que París renvoie à l'état consommable à l'étranger, de qui il les tient. Quant à l'exportation, les tissus, passementeries et rubans de soie ou de lainé en forment la masse principale. Il y a toujours de ce chef plus de 100 millions. Pais viennent, dans l'ordre suivant des articles absolument parisiens: mercerie et boutons, peaux ouvrées et préparées, habillements, pièces de lingerie cou- sues, orfèvrerie et bijouterie, etc. Enfin, il peut être inté- ressant de comparer le chiffre total du commerce extérieur de Paris et celui du commerce extérieur de la France. Voici les chiffres pour l'ensemble des douanes, et pour la (1) Dans les documents officiels, les chiffres des années 1874 et 1875 sont identiques quant au nombre de millions. douane spéciale de Paris. Les calculs sont toujours en millions. Aurée. Paris. La France. 1869. 478 6,327 1870. 345 5,641 1871. 22.4 8.438 1872. 533 7,331 1873. 545 7,341 1874. 645 7,208 1878.. 7,400 L'ÉCONOMISTE FRANÇAIS. Coblentz. Bochumi 542 1.89 7.231 34.12 26.030 2.084 SAMEDI 2 DÉCEMBRE 1876, SAMEDI 2 DÉCEMBRE 1876. Provinces Prusse.... Brandebourg. Pomeranie.. Royaume de Prusse. Population présente. 1873. 4874. 3.200.48A 3.137.i5 3.132.483 2.863.438 1.462.310 1.401.633 Accroissement de la 99.290 28.748 28.423 21.192 pop, de 1874 à 1873 Total. Bonn... 28.114 8.01 0/0 habit. Halberstadt.. 27.800 25.419 2.391 9.37 Stralsund. 27.796 26.731 1.065 3.98 62.939 269.32% 2.01 9.41 Brandebourg-s.-H. 27.434 25.822 1-612 6.24 Spandau. 27.0:7 20.606 6.431 31.21 30.877 2.14 Bielefeld. 26.674 21.834 4.740 92.17 Posen. 1.608.956 1.583.843 25.143 1.59 Silésie Sexe 3.881.950 9.171.85% 3.707.167 444.793 3.94 Flensbourg 26.525 22.897 3.698 16.20 2.103.245 68.613 3.26 Remscheid. 26.120 22.774 3.346 14.69 Schleswig-Holstein.. 1.026.004 995.873 30.131 3.03 Königshütte. 26.032 19.536 6.496 33.75 L'Etat prussion -- 2.018.868 1.953.190 1.907.193 1.778.473 4.489.962 1.400.370 3.807.120 06.615 25.183.764 35.67% 2.84 Charlottenbourg 132.020 7.4 Hugen....... 60-532 3.579.347 227.773 6.36 63.558 1.456 24.643-813 (4) 1.080-241 1.fit 4.38 Gouben.... Northausen.. 4.97 Neustadt-Magdebourg.. 24.144 20.412 3.732 23.738 21.412 23.676 91.270 2.400 25.900 19.518 6.382 32.70 24.218 20.070 4.148 20.07 18.28 2.326 10.86 11.31 Hanau.. 22.730 20.292 2.438 12.01 Hildesheim.. 22.666 20.801 1.865 8.07 19.90 2.80 15.60 7.19 848 On voit combien les destinées industrielles de la France sont étroitement liées à celles de Paris: la nation et la grande ville tombent et se relèvent en même temps. On a dit que Paris possédait, comme toutes les grandes villes pourvues de douanes, un entrepôt. Il occupe le neu- vième rang pour la quantité de tonnes entreposées, et le cinquième pour la valeur des marchandises qui transitent peu, à la différence de ce qui se passe dans les autres villes et sont consommées ou transformées sur place. L'entrée annuelle moyenne est de 35 millions, et la sortie de 25, soit 10 millions de marchandises existant dans les entrepôts. Les admissions temporaires pour Paris consistent surtout en fer, foute, tôles et aciers, qui repartent à l'état de fonte moulée, articles de ferronneries, tels que clous, chaines, ustensiles de ménage et en outils d'acier et objets de fantaisie de même matière. On admiet encore temporai- rement une grande quantité d'étoffes de diverses natures. En 1874, il est entré 383,000 kilogrames de mérinos écru, estimés 4 millions 304,000 francs et qui sont ressortis imprimés et valant plus de 5 millions; 12,000 kilogrammes de châles écrus, valant 176,000 francs, sont répartis avec une estimation de 1 million 287,000 francs. Tel est, dans son ensemble l'organisme douanier, établi à Paris et dépen- dant de l'administration centrale. De prime abord, il semble que l'octroi municipal soit aussi pour la ville une sorte de ligne douanière permettant de se rendre compte de la totalité du mouvement cum- mercial non constaté par l'Etat. Les villes libres du moyen âge, qui étaient des républiques autonomes, pouvaient chiffrer toutes les entrées et toutes les sorties. La ville des doges, Venise, avait sa douane, dogana. L'administra- en vue que l'application de taxes tion parisienne n'a eu sur certains objets de façon à se procurer une certaine somme. Il a été expliqué ici que l'octroi n'a d'abord atteint que les objets d'alimentation. Lentement et sous l'empire d'impérieux besoins, ou a frappé certaines matières indus- trielles. Il n'y a rien de pareil aux états douaniers enre- gistrant toutes choses. Peut-être des quantités de bouille entrées on pourrait tirer des déductions sur la marche de Findustrie. Mais les étals sont récents. En 1872, on a 899 millions de kilogrammes; en 1873, c'est 896 millions, et, en 1874, on n'a plus que 673 millions. Ces chiffres subis sent, dans une mesure parfois considérable, des modifica- tions dues à la température. La ville de Paris possède aussi ses entrepôts. L'un d'eux est le célèbre entrepôt des vins, situé près du Jardin des Plantes. Il en existe d'avires pour toutes les matières d'octroi, moins les boissons, les bestiaux, les charbons, etc. Il existe en outre 13 entrepôts fictifs, qui perinettent d'entrer en franchise certaines ina- tières et de les réexporter hors la ville, ainsi qu'on fait en matière d'admission temporaire et de réexportation avec l'étranger. Une partie seulement des matières premières de l'industrie parisienne devant subir ces formalités, les chiffres généraux ne semblent point utiles à connaître. Tel est le mouvement de cette douane de Paris, dont les résul- tats annuels sont seuls publiés par l'administration, tandis que les états mensuels n'en parlent point. li est pourtant plus considérable qu'en certains royaumes tout entiers. car la est, au point de vue des affaires, le cœur même de la France. ACHILLE MERCIER. LA POPULATION DE L'EMPIRE D'ALLEMAGNE, PREMIERS RÉSULTATS PUBLIES DU DÉNOMBREMENT EFFECTUÉ LE 31 DÉCEMBRE 1875. Le bureau de statistique de Berlin vient de publier une partie des résultats du recensement général de la popula- tion fait le 31 décembre dernier. Voici le résumé de cette opération pour le royaume de Prusse. Hanovro.... Westphalie. Resse-Nassau. Prov. du Rhin... Hohenzollern. De toutes les provinces de la Prusse, ce sont les deux provinces de la rive gauche du Rhin l'augmentation de la population a été la plus forte. Ainsi la Westphalie, qui, en 1871, comptait 1,778,175 habitants, en compte, én 1875, 1,907,195, soit une augmentation de 132,020 ̊ on 7 1/2 0/0. La province du Rhin, qui, en 1871, comptait 3,579,347 habitants, en compte, én 1875, 3,807,120; ang- mentation, 297,773, ou 6 1/3 0/0. Les autres provinces sont loin d'arriver à des chiffres pareils, excepté la province de Brandebourg, dont l'aug- imentation a été de 1871 à 1875, de 269,325 habitants, soit 9 1/2 0/0, chiffre dans lequel, il est vrai, Berlin ei Charlottembourg entreat pour 148,675. C'est aussi dans les provinces du Rhin et de la West- phalie que se trouvent le plus grand nombre de villes l'augmentation de la population a atteint des propor- tions considérables. Ainsi, sur 36 villes de l'Etat prussien au-dessus de 20,000 habitants, 18 appartiennent à ces deux provinces, et, parmi ces 18 villes, presque toutes ont fourni un ac- croissement de population variant de 10 à 34 0/0, Ainsi l'on peut voir, par le tableau suivant, que la population de Düsseldorf s'est accrue cu quatre ans de 11.385 habitants on de 16.41 12.081 Celle de Barmen...... Cologne Kœuigsberg. Danzig Magdebourg. Barmen + Kotbus. Trèves.. 721 22.650 18.881 3.769 22.042 21.442 500 21.444 Landsberg a. Warthe. 18.551 2.893 Mulhausen en Thüringe. 20.938 19.515 1.420 Stargard.... 20.186 17.280 2.906 16.82 Pour la Prusse entière, l'augmentation a été de 1,417,230 ou de 4.34 0/0. Voici maintenant les résultats afférents aux autres États de l'Allemagne : En Bavière, l'augmentation a été de 161,382 habitants (3,024,832 contre 4,803,450 en 1871); En Saxo, de 203,098 (soit 2,760,342 contre 2,556,244 en 1871); En Wurtemberg de 62,906 habitants (soit 1,881,505 con- tre 1,818,539 en 1874); Dans le grand-duché de Bade, de 44,989 (soit 1,306.831 contre 1,361,362 en 1871); En Hesse, de 29,455 (soit 882,350 contre 812,894 en 1871); En Saxe-Weimar, de 6,750 (soit 292,933 contre 286,183 en 1874); + Eo Oldenbourg, de 4,723 (soit 319,314 contre 314,519 on 1871); Brunswick, de 15,323 (soit 327,403 contre 312,170 en 1871); Saxe-Meiningen de 6.537 (soit 194,494 contre 187,957 en 1871); Saxe Altenbourg, de 3,722 (soit 145 844 contre 142,123 en 1871)}; Saxe-Cobourg-Gotha, de 8,334 (soit 182,676 contre 174,339 en 1871); Anhalt, de 18,252 (soit 213,689 contre 203,437 en 1871); Schwarzbourg-Rudolstadt, de 1,133 (76,676 contre 75,528 en 1874); Schwarzbourg-Sonderhausen, de 289 (soit 62,480 coutre 67,074 en 1870); Reuss (ligne ainée), de 1,891 (soit 46,988 contre 45,094 en 1871); Reuss (ligne cadette), de 3.343 (soit 92,375 coutre 89,032 en 1871); 21.75 Schaumbourg-Lippe, de 882 (soit 32,941 contre 32,059 0/0 16.22 Elberfeld.. Crefeld.... 9.215 12.91 5.744 10.06 Dortmund... 13.344 30.04 Duisbourg... 6.838 22.40 Gladbach. 5.608 21.26 Bochum... 7.231 34.12 Bielefeld.. 4.740 22.07 Remscheit... 3.346 14.69 Nagen... 4.148 20.07 Population des villes prussiennes, Accroissement de la villes. 1875. Population en 181. Berih... Breslau.. Hanovre. Francfort-s. -Mein 0/0 968.634 826.341 142.293 17.22 239.050 207.997 31.053 14.93 135.518 129.233 6.285 4.86 122.445 112.152 2.208 4.69 106.684 87.626 19.058 pop. de 1871 à 1875 Total. 103.815 91.040 12.275 13.48 98.181 90.141 8.040 8.92 88.012 84.401 3.611 4.28 86.530 74.449 12.081 18.22 84.218 74.102 10.116 13.65 81.052 376.280 4.772 6.26 Düsseldorf. 80.750 69.365 11.385 16.41 Elberfeld 80.599 71.384 9.215 12.91 Aix-la-Chapelle 79.765 74.146 5.614 1.58 Crefeld 62.849 57.105 5.741 10.06 Fosen.. 61.188 56.374 4.794 8.50 60.631 52.620 8.011 15.22 57.763 Francfort-s.-Oder.. Görlitz. Potsdam. Wiesbaden. Duisbourg. Manster. München-Gladbach Liegnitz.. Bromberg. Osnabrück 13.343 44.420 54.852 51.513 3.339 6.68 53.045 46.362 6.683 14.44 48.025 43.616 4.409 47.170 43.214 3.962 45.348 42.200 3.148 45.041 43.901 1.140 43.708 35.450 8.258 23.30 37.371 30.533 6.838 22.40 37.270 31.764 5.500 17.33 35.535 34.730 805 2.32 33.572 31.164 2.408 7.72 31.962 26.354 5.608 21.98 31.487 27.480 4.007 14.58 31.346 27.740 3.606 12.96 29.885 23.308 28.22 6.577 30.04 10.11 9.17 7.46 2.60 Altona Steftio.. Haale-s.-S. Dortmund Esseu Cassel Erfurt... Kiel.. Elbing.. (1) Y compris les militaires et marina recensés hors du pays. en 1871); Lippe, de 3,119 (soit 114,234 contre 111,133 en 1871); Lubeck, de 4,754 (soit 56,912 contre 52,188); Brême, de 20,243 (soit 142,645 contre 122,402); Hambourg, de 49,644 (soit 388,618 contre 338,974). D'un autre côté, le chiffre de la population a diminué dans les quatre Etats suivants : Mecklenbourg-Schwerin, de 1.334, soit 1.38 0/0; Waldeck, do 1.551 hab. soit 2,38 0/0; Luxembourg, de 738 1.49 0/0: Alsace-Lorraine, de 20,330, soit 1.32 0/0. En résumé, l'empire d'Allemagne comptait, en 1873, 42,756,910 habitants; c'est, en á aus, une augmentation de 4.13 0/0, ou de 1.03 0/0 par an. Si, dans certaines villes, l'accroissement de la population a été beaucoup plus considérable, puisqu'il a atteint en 4 ans jusqu'à 22.28 et mêine 34 0/0, cette augmentation ne peut être considérée comme normale: elle vient de ce que, en 1871, 1872 et 1873, l'industrie allemande a pris, dans ces localités, un développement hors de toutes pro- portions. Aujourd'hui que, par suite de ce même développement exagéré, l'industrie allemande se trouve traverser une crise des plus sérieuses, il est à présumer que le courant qui amenait les ouvriers des campagues vers les villes de fabriques va cesser et qu'un courant contraire va s'éta- blir. Néanmoins, on n'a pu encore constater jusqu'à présent
2026-05-21 14:22:51 · Baseline
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327

720

L'ÉCONOMISTE FRANÇAIS.

qui était de 140 millions en 1839, n'est plus que de 25 cen 1861. C'est là le motif de la dépression éprouvée par le marebé parisien; une des conséquences de la guerre de sécession et de la fermeture du marché américain qui pèse encore sur la situation actuelle. Tels sont les enseigne- ments que nous fournissent les registres douaniers parisiens en ce qui concerne le passage du régime de la protection à la liberté. Nous allons leur demander d'autres enseigue- ments au point de vue des conséquences des années 1870 et 1871. Les calculs, comme précédemment, sont en millions.

Importation.

Exportation.

1869.

200

978

1870.

440

166

1871.

116

108

1872.

238

208

1873.

240

305

1874.

268

379

1875.

312

506

L'année 1869 avait été excessivement prospère au point vue de l'importation; elle avait dépassé l'année précédente, qui n'avait atteint que 4184 millions. On voit qu'en 1870 et 1871, la chute a été surtout profonde pour le commerce d'exportation, qui dans la seconde de ces années a diminué de plus de 30 0/0. En effet, le travail a été suspendu pen- daut neuf mois consécutifs; l'importation était moins grie- vement atteinte, par le fait d'un mouvement nécessaire en ce qui concernait l'alimentation et les armes. Le relève- ment, du reste. a été prompt, car le chiffre total d'impor- tation et d'exportation, qui m'était que de 478 millions en 1869, est arrivé à 333 en 1872. Depuis, il a dépassé 800 millions, ainsi qu'on l'a déjà dit.

Peut-être, en ces temps d'oscillations de la valeur des mé- taux, n'est-il pas sans importance de donner les chiffres de l'entrée et de la sortie des valeurs métalliques à la douane de Paris. Voici les totaux or et argent confondus; les calculs sont en millions.

Importation.

Exportation.

1869.

67

17

1870.

47

12

1871.

32

74

1872.

143

61

1873.

450

40

1874.

191

$

4875.

191

8 (0)

Ces chiffres, plus encore que les précédents, reflètent les destinées agitées de la grande ville, aussi bien que celles de la France. L'importation des métaux diminue par suite des troubles. Paris avait reçu 67 millions de métaux pré- cieux en 1869 et, en 1871, le chiffre n'est plus que de 32. A partir de cette époque, la masse importée est plus con- sidérable que jamais; elle atteint plus de 191 millions en 1875. Quant à l'exportation, elle subit un mouvement inverse. Il est bon de remarquer que la douane de Paris a toujours reçu de l'étranger plus de métaux précieux qu'elle ne lui en été du a envoyé, excepté en 1871, où l'exportation a double de l'importation. Les deux chiffres sont, du reste, exceptionnels; dans les six dernières années, París n'a ja- mais reçu aussi peu de métaux précienx et n'en a autant envoyé au dehors qu'en 1871 et 1872. Avant de quitter les chiffres généraux fournis par la douane parisienne, quel- ques remarques sont encore à faire. Les plus gros chiffres de l'importation pour Paris sont toujours ceux portés sous la rubrique: Tissus, passementeries, rubans de laine. Ce chapitre arrive parfois jusqu'à 30 millions. Pais viennent trais objets d'alimentation: le café, le sucre étranger et le cacao. Puis les tissus, passementeries et rubans de coton, arrivant souvent à 10 millions. La nomenclature générale contient une multitude d'articles, matières première on demi-manufacturées, que París renvoie à l'état consommable à l'étranger, de qui il les tient. Quant à l'exportation, les tissus, passementeries et rubans de soie ou de lainé en forment la masse principale. Il y a toujours de ce chef plus de 100 millions. Pais viennent, dans l'ordre suivant des articles absolument parisiens: mercerie et boutons, peaux ouvrées et préparées, habillements, pièces de lingerie cou- sues, orfèvrerie et bijouterie, etc. Enfin, il peut être inté- ressant de comparer le chiffre total du commerce extérieur de Paris et celui du commerce extérieur de la France. Voici les chiffres pour l'ensemble des douanes, et pour la

(1) Dans les documents officiels, les chiffres des années 1874 et 1875 sont identiques quant au nombre de millions.

douane spéciale de Paris. Les calculs sont toujours en millions.

Aurée.

Paris.

La France.

1869.

478

6,327

1870.

345

5,641

1871.

22.4

8.438

1872.

533

7,331

1873.

545

7,341

1874.

645

7,208

1878..

7,400

L'ÉCONOMISTE FRANÇAIS.

Coblentz.

Bochumi

542 1.89 7.231 34.12

26.030 2.084

SAMEDI 2 DÉCEMBRE 1876,

SAMEDI 2 DÉCEMBRE 1876.

Provinces

Prusse.... Brandebourg. Pomeranie..

Royaume de Prusse.

Population présente.

1873.

4874.

3.200.48A 3.137.i5 3.132.483 2.863.438 1.462.310 1.401.633

Accroissement de la

99.290 28.748 28.423 21.192

pop, de 1874 à 1873 Total.

Bonn...

28.114

8.01

0/0 habit.

Halberstadt..

27.800 25.419 2.391

9.37

Stralsund.

27.796 26.731 1.065 3.98

62.939

269.32%

2.01 9.41

Brandebourg-s.-H.

27.434 25.822 1-612

6.24

Spandau.

27.0:7

20.606

6.431

31.21

30.877

2.14

Bielefeld.

26.674 21.834

4.740

92.17

Posen.

1.608.956

1.583.843

25.143

1.59

Silésie

Sexe

3.881.950 9.171.85%

3.707.167

444.793

3.94

Flensbourg

26.525

22.897

3.698

16.20

2.103.245

68.613

3.26

Remscheid.

26.120

22.774

3.346

14.69

Schleswig-Holstein..

1.026.004

995.873

30.131

3.03

Königshütte.

26.032 19.536 6.496 33.75

L'Etat prussion --

2.018.868 1.953.190 1.907.193 1.778.473 4.489.962 1.400.370 3.807.120 06.615

25.183.764

35.67%

2.84

Charlottenbourg

132.020

7.4

Hugen.......

60-532

3.579.347

227.773

6.36

63.558

1.456

24.643-813 (4) 1.080-241

1.fit

4.38

Gouben....

Northausen..

4.97 Neustadt-Magdebourg.. 24.144 20.412 3.732

23.738 21.412 23.676 91.270 2.400

25.900 19.518 6.382 32.70 24.218 20.070 4.148 20.07

18.28

2.326

10.86 11.31

Hanau..

22.730 20.292 2.438

12.01

Hildesheim..

22.666 20.801 1.865

8.07

19.90

2.80

15.60 7.19

848

On voit combien les destinées industrielles de la France sont étroitement liées à celles de Paris: la nation et la grande ville tombent et se relèvent en même temps.

On a dit que Paris possédait, comme toutes les grandes villes pourvues de douanes, un entrepôt. Il occupe le neu- vième rang pour la quantité de tonnes entreposées, et le cinquième pour la valeur des marchandises qui transitent peu, à la différence de ce qui se passe dans les autres villes et sont consommées ou transformées sur place. L'entrée annuelle moyenne est de 35 millions, et la sortie de 25, soit 10 millions de marchandises existant dans les entrepôts. Les admissions temporaires pour Paris consistent surtout en fer, foute, tôles et aciers, qui repartent à l'état de fonte moulée, articles de ferronneries, tels que clous, chaines, ustensiles de ménage et en outils d'acier et objets de fantaisie de même matière. On admiet encore temporai- rement une grande quantité d'étoffes de diverses natures. En 1874, il est entré 383,000 kilogrames de mérinos écru, estimés 4 millions 304,000 francs et qui sont ressortis imprimés et valant plus de 5 millions; 12,000 kilogrammes de châles écrus, valant 176,000 francs, sont répartis avec une estimation de 1 million 287,000 francs. Tel est, dans son ensemble l'organisme douanier, établi à Paris et dépen- dant de l'administration centrale.

De prime abord, il semble que l'octroi municipal soit aussi pour la ville une sorte de ligne douanière permettant de se rendre compte de la totalité du mouvement cum- mercial non constaté par l'Etat. Les villes libres du moyen âge, qui étaient des républiques autonomes, pouvaient chiffrer toutes les entrées et toutes les sorties. La ville des doges, Venise, avait sa douane, dogana. L'administra- en vue que l'application de taxes tion parisienne n'a eu

sur certains objets de façon à se procurer une certaine somme. Il a été expliqué ici que l'octroi n'a d'abord atteint que les objets d'alimentation. Lentement et sous l'empire d'impérieux besoins, ou a frappé certaines matières indus- trielles. Il n'y a rien là de pareil aux états douaniers enre- gistrant toutes choses. Peut-être des quantités de bouille entrées on pourrait tirer des déductions sur la marche de Findustrie. Mais les étals sont récents. En 1872, on a 899 millions de kilogrammes; en 1873, c'est 896 millions, et, en 1874, on n'a plus que 673 millions. Ces chiffres subis sent, dans une mesure parfois considérable, des modifica- tions dues à la température. La ville de Paris possède aussi ses entrepôts. L'un d'eux est le célèbre entrepôt des vins, situé près du Jardin des Plantes. Il en existe d'avires pour toutes les matières d'octroi, moins les boissons, les bestiaux, les charbons, etc. Il existe en outre 13 entrepôts fictifs, qui perinettent d'entrer en franchise certaines ina- tières et de les réexporter hors la ville, ainsi qu'on fait en matière d'admission temporaire et de réexportation avec l'étranger. Une partie seulement des matières premières de l'industrie parisienne devant subir ces formalités, les chiffres généraux ne semblent point utiles à connaître. Tel est le mouvement de cette douane de Paris, dont les résul- tats annuels sont seuls publiés par l'administration, tandis que les états mensuels n'en parlent point. li est pourtant plus considérable qu'en certains royaumes tout entiers. car la est, au point de vue des affaires, le cœur même de la France.

ACHILLE MERCIER.

LA POPULATION DE L'EMPIRE D'ALLEMAGNE, PREMIERS RÉSULTATS PUBLIES DU DÉNOMBREMENT EFFECTUÉ

LE 31 DÉCEMBRE 1875.

Le bureau de statistique de Berlin vient de publier une partie des résultats du recensement général de la popula- tion fait le 31 décembre dernier.

Voici le résumé de cette opération pour le royaume de

Prusse.

Hanovro....

Westphalie.

Resse-Nassau.

Prov. du Rhin... Hohenzollern.

De toutes les provinces de la Prusse, ce sont les deux provinces de la rive gauche du Rhin où l'augmentation de la population a été la plus forte. Ainsi la Westphalie, qui, en 1871, comptait 1,778,175 habitants, en compte, én 1875, 1,907,195, soit une augmentation de 132,020 ̊ on 7 1/2 0/0. La province du Rhin, qui, en 1871, comptait 3,579,347 habitants, en compte, én 1875, 3,807,120; ang- mentation, 297,773, ou 6 1/3 0/0.

Les autres provinces sont loin d'arriver à des chiffres pareils, excepté la province de Brandebourg, dont l'aug- imentation a été de 1871 à 1875, de 269,325 habitants, soit 9 1/2 0/0, chiffre dans lequel, il est vrai, Berlin ei Charlottembourg entreat pour 148,675.

C'est aussi dans les provinces du Rhin et de la West- phalie que se trouvent le plus grand nombre de villes où l'augmentation de la population a atteint des propor-

tions considérables.

Ainsi, sur 36 villes de l'Etat prussien au-dessus de 20,000 habitants, 18 appartiennent à ces deux provinces, et, parmi ces 18 villes, presque toutes ont fourni un ac- croissement de population variant de 10 à 34 0/0,

Ainsi l'on peut voir, par le tableau suivant, que la population de Düsseldorf s'est accrue cu quatre ans de

11.385 habitants on de 16.41 12.081

Celle de Barmen......

Cologne

Kœuigsberg.

Danzig

Magdebourg. Barmen

+

Kotbus.

Trèves..

721

22.650 18.881 3.769 22.042 21.442

500 21.444 Landsberg a. Warthe.

18.551 2.893 Mulhausen en Thüringe. 20.938 19.515 1.420 Stargard....

20.186 17.280 2.906 16.82 Pour la Prusse entière, l'augmentation a été de 1,417,230 ou de 4.34 0/0.

Voici maintenant les résultats afférents aux autres États de l'Allemagne :

En Bavière, l'augmentation a été de 161,382 habitants (3,024,832 contre 4,803,450 en 1871);

En Saxo, de 203,098 (soit 2,760,342 contre 2,556,244 en 1871);

En Wurtemberg de 62,906 habitants (soit 1,881,505 con- tre 1,818,539 en 1874);

Dans le grand-duché de Bade, de 44,989 (soit 1,306.831 contre 1,361,362 en 1871);

En Hesse, de 29,455 (soit 882,350 contre 812,894 en 1871);

En Saxe-Weimar, de 6,750 (soit 292,933 contre 286,183 en 1874);

+

Eo Oldenbourg, de 4,723 (soit 319,314 contre 314,519 on 1871);

Brunswick, de 15,323 (soit 327,403 contre 312,170 en 1871);

Saxe-Meiningen de 6.537 (soit 194,494 contre 187,957 en 1871);

Saxe Altenbourg, de 3,722 (soit 145 844 contre 142,123 en 1871)};

Saxe-Cobourg-Gotha, de 8,334 (soit 182,676 contre 174,339 en 1871);

Anhalt, de 18,252 (soit 213,689 contre 203,437 en 1871);

Schwarzbourg-Rudolstadt, de 1,133 (76,676 contre 75,528

en 1874);

Schwarzbourg-Sonderhausen, de 289 (soit 62,480 coutre 67,074 en 1870);

Reuss (ligne ainée), de 1,891 (soit 46,988 contre 45,094 en 1871);

Reuss (ligne cadette), de 3.343 (soit 92,375 coutre 89,032 en 1871);

21.75 Schaumbourg-Lippe, de 882 (soit 32,941 contre 32,059

0/0

16.22

Elberfeld.. Crefeld....

9.215

12.91

5.744

10.06

Dortmund...

13.344

30.04

Duisbourg...

6.838

22.40

Gladbach.

5.608

21.26

Bochum...

7.231

34.12

Bielefeld..

4.740

22.07

Remscheit...

3.346

14.69

Nagen...

4.148

20.07

Population des villes prussiennes,

Accroissement de la

villes.

1875.

Population en

181.

Berih... Breslau..

Hanovre. Francfort-s. -Mein

0/0

968.634 826.341 142.293 17.22 239.050 207.997 31.053 14.93 135.518 129.233 6.285

4.86 122.445 112.152 2.208 4.69 106.684 87.626 19.058

pop. de 1871 à 1875 Total.

103.815 91.040

12.275 13.48

98.181 90.141

8.040

8.92

88.012

84.401

3.611

4.28

86.530

74.449

12.081

18.22

84.218 74.102

10.116

13.65

81.052 376.280

4.772

6.26

Düsseldorf.

80.750

69.365

11.385

16.41

Elberfeld

80.599 71.384

9.215

12.91

Aix-la-Chapelle

79.765 74.146

5.614

1.58

Crefeld

62.849 57.105

5.741

10.06

Fosen..

61.188

56.374

4.794

8.50

60.631

52.620 8.011

15.22

57.763

Francfort-s.-Oder..

Görlitz.

Potsdam.

Wiesbaden.

Duisbourg.

Manster.

München-Gladbach

Liegnitz..

Bromberg.

Osnabrück

13.343 44.420 54.852 51.513 3.339 6.68 53.045 46.362 6.683 14.44 48.025 43.616 4.409 47.170 43.214 3.962 45.348 42.200 3.148 45.041 43.901 1.140 43.708 35.450 8.258 23.30 37.371 30.533 6.838 22.40 37.270 31.764 5.500 17.33 35.535 34.730

805 2.32 33.572 31.164

2.408

7.72 31.962 26.354 5.608 21.98 31.487 27.480 4.007 14.58 31.346 27.740 3.606 12.96 29.885 23.308

28.22 6.577

30.04

10.11 9.17 7.46 2.60

Altona

Steftio..

Haale-s.-S. Dortmund

Esseu

Cassel

Erfurt...

Kiel..

Elbing..

(1) Y compris les militaires et marina recensés hors du pays.

en 1871);

Lippe, de 3,119 (soit 114,234 contre 111,133 en 1871); Lubeck, de 4,754 (soit 56,912 contre 52,188);

Brême, de 20,243 (soit 142,645 contre 122,402); Hambourg, de 49,644 (soit 388,618 contre 338,974). D'un autre côté, le chiffre de la population a diminué dans les quatre Etats suivants :

Mecklenbourg-Schwerin, de 1.334, soit 1.38 0/0; Waldeck, do 1.551 hab. soit 2,38 0/0; Luxembourg, de 738

1.49 0/0:

Alsace-Lorraine, de 20,330, soit 1.32 0/0.

En résumé, l'empire d'Allemagne comptait, en 1873, 42,756,910 habitants; c'est, en á aus, une augmentation de 4.13 0/0, ou de 1.03 0/0 par an.

Si, dans certaines villes, l'accroissement de la population a été beaucoup plus considérable, puisqu'il a atteint en 4 ans jusqu'à 22.28 et mêine 34 0/0, cette augmentation ne peut être considérée comme normale: elle vient de ce que, en 1871, 1872 et 1873, l'industrie allemande a pris, dans ces localités, un développement hors de toutes pro- portions.

Aujourd'hui que, par suite de ce même développement exagéré, l'industrie allemande se trouve traverser une crise des plus sérieuses, il est à présumer que le courant qui amenait les ouvriers des campagues vers les villes de fabriques va cesser et qu'un courant contraire va s'éta- blir.

Néanmoins, on n'a pu encore constater jusqu'à présent

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